Conseils · Aides et énergie
Viser la classe A au DPE : est-ce réaliste pour une maison rénovée ?
8 octobre 2026 · Lecture : 5 min · Par l'équipe Aldeak

La classe A, c'est la maison qui consomme très peu et émet très peu. Dans le neuf, elle devient courante. Dans l'existant, elle demande un programme ambitieux, mais une classe B ou C est souvent à portée d'une rénovation bien menée.
Les seuils du DPE
Le DPE retient la plus mauvaise de deux notes : la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Pour la classe A, il faut rester sous 70 kWh par m² et par an et sous 6 kg de CO2 par m² et par an. La classe B s'arrête à 110 kWh et 11 kg, la classe C à 180 kWh et 30 kg.
Depuis le 1er janvier 2026, chaque kilowattheure d'électricité compte pour 1,9 kWh d'énergie primaire dans le calcul, contre 2,3 auparavant ; le bois, le gaz et le fioul comptent pour 1. Le calcul prend en compte le chauffage, l'eau chaude, l'éventuel refroidissement, l'éclairage et les auxiliaires (ventilateurs, pompes). C'est une consommation conventionnelle, pas la facture réelle d'une famille.
Exemple chiffré : une maison de 120 m² chauffée par une pompe à chaleur
Prenons, à titre d'exemple, une maison de 120 m² chauffée par une pompe à chaleur. Sa consommation conventionnelle, pour tous les usages comptés, doit rester sous ces plafonds :
| Classe A : 70 × 120 | 8 400 kWh d'énergie primaire par an |
| Classe B : 110 × 120 | 13 200 kWh d'énergie primaire par an |
| Coefficient de l'électricité en 2026 | 1,9 |
| Électricité consommée au plus | environ 4 400 kWh par an pour A, 6 950 kWh pour B |
Une pompe à chaleur produit plusieurs fois plus de chaleur qu'elle ne consomme d'électricité, mais elle ne fera pas tenir une maison mal isolée dans ces limites : tout se joue d'abord sur l'enveloppe.
Ce qui fait la différence dans une maison existante
- Une enveloppe isolée partout : toiture, murs, plancher bas, sans oublier les jonctions où se créent les ponts thermiques.
- L'étanchéité à l'air : les fuites autour des menuiseries, des trappes et des passages de gaines comptent beaucoup.
- Une ventilation performante, souvent une ventilation double flux qui récupère la chaleur de l'air sortant.
- Un chauffage peu émetteur : pompe à chaleur ou bois performant, plutôt que fioul ou gaz.
- L'eau chaude, souvent oubliée, qui pèse dans le calcul.
Entre B et A, la différence tient souvent moins à l'épaisseur d'isolant qu'au soin des détails. Une mesure de perméabilité à l'air, faite avec une porte soufflante avant les finitions, permet de repérer les fuites quand il est encore facile de les reprendre. Un rapport de mesure de moins de deux ans peut aussi être remis à l'auditeur pour fiabiliser son calcul.
Les étapes d'un projet ambitieux
- Un DPE à jour, à refaire si le vôtre date d'avant 2026 et que la maison est chauffée à l'électricité.
- Un audit énergétique, qui propose au moins un scénario atteignant la classe B, sauf impossibilité technique.
- Le choix du niveau visé : A, B ou C, selon la maison, le budget et les aides.
- Des travaux enchaînés dans l'ordre : enveloppe et étanchéité à l'air d'abord, ventilation ensuite, chauffage et eau chaude en dernier, dimensionnés pour la maison rénovée.
- Un nouveau DPE après travaux, qui constate la classe obtenue.
Les limites d'une maison ancienne
Certaines maisons ne se prêtent pas à tout : une façade en pierre de taille qu'on ne veut pas couvrir, des murs épais qui demandent des isolants respirants, une orientation peu favorable. Dans ces cas, viser la classe A peut coûter beaucoup pour un gain de confort limité. Une classe B ou C, atteinte avec des choix respectueux du bâti, est souvent plus raisonnable.
Les aides pour une rénovation très performante
Si la maison est classée E, F ou G au départ, MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur peut financer le programme, avec un Accompagnateur Rénov' obligatoire, au moins deux gestes d'isolation et un gain d'au moins deux classes. Le plafond de travaux retenu passe de 30 000 € HT pour deux classes gagnées à 40 000 € HT pour trois classes ou plus, et le taux va de 10 % à 80 % selon les revenus.
En maison individuelle, un projet qui conserve ou remplace une chaudière au gaz ou au fioul n'est pas aidé.
Une maison déjà classée D ne relève pas de ce parcours : l'éco-prêt à taux zéro, jusqu'à 50 000 € pour une rénovation globale, peut alors prendre le relais.
Les erreurs à éviter
- Commencer par le chauffage : un appareil dimensionné pour la maison d'avant sera trop puissant après isolation.
- Isoler sans ventiler : une maison devenue étanche, sans renouvellement d'air, accumule l'humidité.
- Oublier l'eau chaude, qui pèse d'autant plus dans le calcul que le chauffage baisse.
- Couvrir une façade en pierre d'un isolant qui la dénature ou l'empêche de sécher, pour gagner une classe sur le papier.
- Viser la classe A à tout prix, quand la dernière marche coûte plus cher que tout le reste.
Le bon raisonnement
On part de l'audit énergétique, qui chiffre plusieurs scénarios et le gain de classes de chacun. On compare ensuite le coût, les aides possibles, le confort obtenu et la valeur apportée à la maison.
« Le meilleur scénario n'est pas toujours le plus ambitieux sur le papier. »
Notre approche
Nous vous aidons à choisir le niveau visé en fonction de votre maison et de votre budget, puis nous réalisons l'ensemble des travaux de rénovation globale dans le bon ordre, avec un seul interlocuteur.
Sources : Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique (seuils des classes A à G) · Code de la construction et de l’habitation, article L. 173-1-1 (classes de performance énergétique) · Arrêté publié au Journal officiel du 26 août 2025 (coefficient de conversion de l’électricité du DPE, applicable au 1er janvier 2026) · Anah et France Rénov’, « MaPrimeRénov’, le mode d’emploi », septembre 2026 (taux et plafonds de la rénovation d’ampleur) · Arrêté du 4 mai 2022 définissant le contenu de l’audit énergétique réglementaire (scénario atteignant au moins la classe B) · Code général des impôts, article 244 quater U (éco-prêt à taux zéro) · france-renov.gouv.fr, MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur · service-public.fr
Questions fréquentes
Une maison ancienne peut-elle atteindre la classe A ?
C'est possible mais exigeant : isolation complète, étanchéité à l'air, ventilation double flux et chauffage peu émetteur. Une classe B ou C est souvent plus réaliste.
Quelle est la différence entre la classe A et la classe B ?
La classe A demande moins de 70 kWh/m²/an et moins de 6 kg CO2/m²/an ; la classe B va jusqu'à 110 kWh et 11 kg.
Le chauffage seul peut-il faire gagner des classes ?
Il peut améliorer la note d'émissions, mais sans isolation la consommation reste élevée. Les deux vont ensemble.
Le calcul du DPE de 2026 change-t-il la donne ?
Pour les maisons chauffées à l'électricité, oui : le coefficient de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026. Une pompe à chaleur aide davantage à atteindre A ou B, mais l'isolation reste indispensable.
Un test d'étanchéité à l'air est-il obligatoire ?
Pas en rénovation. Il reste très utile pour viser A ou B : fait avant les finitions, il permet de corriger les fuites quand c'est encore simple.
Une rénovation vers la classe A peut-elle être aidée ?
Oui si la maison part de la classe E, F ou G : MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur finance un gain d'au moins deux classes, avec un plafond de 40 000 € HT à partir de trois classes gagnées.


